26 février 2008

Comment je suis devenue colporteuse de mots...

On distingue souvent, parmi les conteurs

Ceux qui ont eu un grand-père ou une grand-mère qui leur racontait des histoires, leur transmettant ainsi un répertoire et une tradition orale ;

Et puis les autres, ceux qui ne sont pas tombés dans le chaudron quand ils étaient petits, mais qui ont croisé dechaudrons histoires sur leur chemin, et se sont mis à les cueillir... Parmi ceux-là, on dit même que certains se sont pris de passion pour le jardinage, et, de croisement en bouturage, ont inventé de nouveaux récits !

 

Moi, je n'ai pas eu d'aïeulE qui contait... mais j'ai un père qui nous régalait inlassablement de blagues, d'histoires absurdes, d'aventures qui lui étaient arrivées ou qu'il avait entendu ; qui savait tenir son public en haleine, surtout en fin de soirée autour d'un verre de poire ou d'une soupe à l'oignon ; mais qui s'arrêtait aussi parfois avant la chûte de son histoire, en riant parce qu'il l'avait oubliée, mais qu'il se rappelait qu'elle était drôle ! Alors, là, d'abord timidement, puis de plus en plus assurée, je prenais la relève, finissant son histoire, puis en racontant d'autres...

C'est ainsi que j'ai plongé dans l'oralité !

 

Et puis, un parcours personnel, à la fois universitaire et professionnel, dans le domaine des sciences humaines et sociales, des sciences du langage, de l'animation socio-culturelle. Et toujours, une tendance à dévorer livres, bd, films, tout ce qui permet de s'évader du réel, tout en s'y plongeant autrement... par le biais des histoires !

 

Pendant mes études, je rencontre "ma première conteuse"*, celle qui m'ouvre la porte de cet univers incroyable. Cette première histoire entendue me touche profondément, et m'accompagne pendant plusieurs années. Jusqu'au jour où je décide d'essayer, moi aussi, de lui prêter ma voix ! Je participe alors à un atelier de narration orale à Barcelone, et saisis toutes les occasions de conter cette histoire, puis d'autres  (arrières-salles de bars barcelonais, soirées conviviales, festivals organisés par des amis).

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Puis, lors d'un volontariat dans l'Allier, je fais un voyage à la rencontre des habitants, inspiré de l'histoire de "Jean les sabots légers" (ce fameux premier conte entendu "en vrai", qui sera également la base de mon premier spectacle). Cette aventure donnera naissance à un carnet de route intitulé "A pied dans l'Allier, rencontre avec une Terre et des Hommes", publié en 2004 (Ed des Figures & des Lieux).



En 2007, je crée mon premier spectacle

« Jean aux sabots de vent », accompagné par Olivier Philippson à l'accordéon, et joué pour la première fois au festival « Folie ! Les mots » dans le Limousin.

  A partir de là, tout s'accélère : le public accueille cette histoire avec chaleur, et nous encourage à continuer ; je participe alors à une scène ouverte pendant le festival Paroles de conteurs à Vassivière, où plusieurs personnes se montrent intéressées par mon travail. Quelques essais encore, et je décide de me lancer !

 

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En parallèle, je rencontre le crieur public de la Croix Rousse à Lyon, et l'idée de prêter ma voix aux messages de tout un chacun résonne et grandit en moi ; je décide alors de suivre une formation aux métiers de crieur public (si, si, ça existe !), pour trouver ma manière d'aller à la rencontre des gens dans leur vie quotidienne, pour les écouter, leur donner la parole, et la transmettre...

 

 

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Voilà comment l'idée m'est venu de devenir


« COLPORTEUSE DE MOTS » !



Car si je n'ai pas d'aïeulE qui m'ait transmis un répertoire, j'ai l'intime conviction que finalement, les histoires sont partout, et surtout, en chacun de nous...

Pour les entendre, il suffit de faire silence, d'écouter, et de laisser jaillir...

 

* Gin Candotti-Besson, conteuse en pays d'Aix et de Vaucluse

Posté par floradupont à 11:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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